Mon retour à la maison
— récit du Sahara avec Maître Maha Giri
En novembre 2023, je suis parti au Sahara avec Maître Maha Giri. J'étais faible, rongé par dix ans de douleurs quotidiennes. Je n'avais pour seul bagage que ma foi. Ce qui s'est joué là-bas, dans le silence du désert, m'a ramené à la maison.
01Partir malgré le corps
J'habitais — et j'habite toujours — à Pau. C'est là que j'ai connu Maha, bien avant qu'il ne soit reconnu comme maître spirituel. À l'époque du Sahara, j'avais de grosses problématiques de santé qui auraient pu me faire vivre l'enfer dans le désert. Sans la foi que j'avais, je ne serais jamais parti.
Mais ma foi était immense. J'ai prié — beaucoup. J'ai fait des exercices de visualisation, des circulations d'énergie, parce que la marche n'était vraiment pas évidente pour moi. J'étais encore faible à l'époque, et j'ai prié jusqu'aux larmes. J'étais dans la sincérité absolue et le lâcher-prise.
02Le taxi avec la pancarte
L'aéroport de Marrakech. Un taxi qui m'attendait avec une pancarte à mon nom — waouh, comme dans les films. Direction le riad. Et déjà, à ce moment-là, je viens de très loin. À une époque, je n'étais capable de rien d'autre que de conduire pour faire les courses ou amener mon fils à l'école.
Alors partir au Sahara dans ces conditions, c'était un sacré événement. Ma capacité à marcher était faible. L'équipe m'a rassuré : c'est le rythme du plus lent qui fixerait le rythme du groupe. Mais l'incertitude restait. C'était un chemin de foi.
03Le yo-yo de dix ans
Dans la vie d'avant, j'avais ce mode "faire, faire, faire". Dès que j'étais détendu, ressourcé par la nature, je me remettais à enchaîner — et la santé diminuait. Je m'épuisais. Puis trop faible, stressé, je revenais à la méditation. Ce yo-yo a duré des années.
Aujourd'hui, l'amplitude a baissé, et surtout j'ai arrêté de culpabiliser. J'ai accepté ma situation — ça aussi, c'est un long chemin. J'ai souffert dix ans de douleurs quotidiennes. Et depuis quelques années, je sais : c'est un grand mal pour un bien beaucoup plus grand. Sans ces douleurs, je n'aurais jamais fait le chemin. Immense gratitude.
04Une famille rencontrée en quelques minutes
Je ne connaissais qu'une seule personne du groupe, croisée trois mois plus tôt dans un stage. Quel plaisir de la retrouver au désert. Très rapidement, c'est devenu une famille. Parmi les plus belles âmes que j'aie rencontrées dans ma vie.
Au bout de quelques minutes, le cœur s'ouvre. On est tous en quête de la même chose : bienveillance, accueil, écoute, respect des différences, respect des faiblesses. C'est merveilleux. Et je sais qu'à chaque nouvelle retraite, ce sera encore plus le cas — parce que plus Maha fait son chemin, plus il attire les bonnes personnes.
05L'élévation de fréquence
Le miracle ? Maha m'a fait vivre ma première élévation de fréquence. Une des fois où j'ai ressenti une sensation de l'ordre du surnaturel les plus fortes et les plus évidentes. Une seconde avant c'est ça, une seconde après c'est radicalement différent.
Aucun doute possible. Ça ne pouvait pas venir de mon imagination, ni d'un effort de creuser pour ressentir. C'était une marche de plus sur le long escalier qui mène de "je ne ressens presque rien" à "je ressens tout".
06La leçon du regard tourné vers le sol
Pendant les marches, je regardais beaucoup mes pieds — juste deux mètres devant moi, la tête tournée vers le bas. Plusieurs participants me l'ont fait remarquer, avec bienveillance. J'ai justifié : j'avais besoin de voir où je posais les pieds, je n'avais plus l'habitude de marcher sur un sol pas plat.
Mais cette remarque m'a trotté dans la tête. Elle me questionne encore. Pendant des années, j'avais essayé d'être transparent vis-à-vis des autres. Au désert, j'ai vécu autre chose : essayer de vivre libre, me détacher de ces chaînes qu'on porte parfois inconsciemment. Me sentir accueilli. Me sentir à ma place.
07L'anecdote qui change tout : le flux et le doute
Lors de la dernière marche, j'avais de la peine physiquement. J'ai pratiqué les outils appris trois mois auparavant. Vingt à vingt-cinq minutes. Pendant ce temps, j'étais dans la fatigue. Puis, en fin de pratique, j'ai senti le flux d'énergie. J'ai accéléré. J'ai rattrapé tout le monde. Je me sentais sur un nuage.
Et là, au moment d'arriver au niveau du guide, mon mental s'est mis à intervenir : Est-ce que je continue ? Est-ce que je ralentis ? Est-ce vraiment la destination ? Le flux d'énergie s'est arrêté net. La fatigue m'est tombée dessus. J'ai eu du mal à faire les derniers pas. J'étais épuisé.
08Le retour à la maison
Les mots qui me sont venus, je ne les ai pas dits tout de suite parce que ça me paraissait bizarre, mais j'ai eu l'impression d'un retour à la maison. Une maison sacrée.
En rentrant en France, quelque chose avait changé. Les nombreux passages à l'acte de la retraite avaient donné un enracinement, une solidité dans le chemin, une confiance dans les fruits à venir. En quelques mois, je suis passé de "je galère entre deux rendez-vous avec Maha" à une vraie autonomie. J'avais des preuves. J'avais ressenti des choses très fortes. Je savais que je n'étais pas seul.